l'exposition "bulles de vie"

une exposition qui se renouvelle et continue de vivre ^^

2007. J'entre, 'sans gloire'* (dixit un ami, à juste titre car pas de liste alternative), au conseil municipal de Pluméliau. Et de tanner très vite mes collègues avec une expo photo plein air. Comme à la Gacilly quoi ! (l'idée est bonne, non, de ce festival). C'est que je suis persuadée qu'il y a matière à faire quelque chose de joli et de pertinent : le village de St Nicolas des Eaux n'est-il pas un écrin superbe pour un tel événement ?

Les années passent et 2014, la nouvelle municipalité me sollicite pour exposer mes clichés (ça commence à se savoir, que je suis aussi photographe ^^). Opportunité que je saisis pour montrer mes premières images, des dignes de ce nom, dignes d'être montrées.

Et de me lancer aussi dans l'écriture de quelques textes pour les accompagner.

Et c'était parti : je kiffe trop de suite cet exercice d'écriture et de montage d'expo.

Et de renouveler l'exposition régulièrement depuis.

2017 : quelques images

2014. bulles de Vie en grand format et en plein air à Pluméliau

L'épeire, un nom qui sonne, qui coupe : épée, épeire ! Etrangeté : dire qu'elle est encore appelée « araignée porte-croix » (une croix qu'elle porte sur sa livrée, sur le dos). Peut être pour se faire pardonner des crimes qu'elle commet ? C'est que parfaitement embusquée, la chasseresse est une féroce. Epée ou pas.

Clin d'oeil

A fureter entre les hautes graminées, les tiges de jonc ou de roseau, les iris presque défleuris, quelques créatures finissent par se laisser découvrir. Parfois elles nous font la grâce de (se) poser, à un jet d'yeux. Et parfois même de jouer à nous observer, les yeux dans les yeux.

un cœur tout en jaune et plein de fleurs, des blanches bractées : la marguerite se plaît à ressembler à un soleil végétal : comme lui, elle attire les regards, les nôtres et ceux des insectes. De loin visible, elle sert d'aéroport à bien des bestioles, à ailes ou à sauterelles.

Leptophyes punctatissima

 

Ainsi débute la vie d'une épeire diadème : sur un fil de soie, que toute leur vie elles tisseront pour en faire des toiles à rayons, que nous compterons.

Dans le bleu printanier, ces deux épeires jaunes dorées émergent du jaune irisé. Elles émergent à la vie, d'un cocon de soie abandonné par une mère qui a laissé la vie à l'automne dernier.

Araneus diadematus

Les fougères ont eu le temps de croître dans la prairie humide. Leurs frondes, là déjà brunies, ici encore vert tendre alors que l'automne est arrivé, sert de promontoire naturel à cette punaise carapatée. Elle observe l'observateur, l'air de rien, impassible. Son armure lui donnerait-elle tant d'assurance ?

Une mouche (encore endormie ?) est posée sur un bouquet de boutons, l'aubépine ou le sorbier se prépare à fleurir. Chut.

Pas de bruit dans le ciel du petit matin. On entendrait une mouche volée.

La belle de jour est la terreur de biens des hommes

(de ceux qui jardinent

de ceux qui cultivent).

Et pourtant sa corolle et sa gorge profonde continue d'attirer. L'écaille chinée - cette belle nocturne - ne s'y trompe pas.

Euplagia quadripunctaria

Cet œillet-là est un obstiné : il se plaît à refleurir, tous les ans, à la même place malgré les herbes folles et le saule marsault qui lui fait de l'ombre. Il n'en prend pas ombrage ! Il offre son violet rouge et ses parfums. Fidèlement. Et parfois, surprise, il offre même le spectacle discret d'une bestiole tapie allongée sur ses pétales aplatis.

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