femmes paysames

 

 

photo prise dans mon fournil alors que je façonne les pains (pain au levain naturel bien sûr)
moi dans ma vie de paysanne et de boulangère

S'il est des projets qui comptent, celui-là en est un. Des années que je veux écrire sur l'agriculture. Sur les femmes qui la font. Pourquoi ? Parce que j'en ai été. Parce qu'il y a tant à dire. Bref, tout cela, je le précise dans le texte ci-dessous, dans ce "pourquoi ?", rédigé à l'attention de soutiens potentiels, institutionnels ou privés. 

 

Ce projet séduit, plaît, retient l'attention. "Super", "C'est à la mode en plus", entends-je. A la mode ? (gloups, je m'étrangle). Pas sûre que le terme soit juste. En tout cas, pas envie de voir ce projet - qui date de 10 ans pour mes premières esquisses de carnet de ferme, 3 ans pour le projet dans sa forme actuelle - réduit à une démarche qui ne serait que opportuniste ou qui ferait dans le "green-washing".

(10 ans les pieds dans la terre et les mains dans le fournil, je crois que j'ai donné de ma personne - et que j'ai quelque légitimité sur le sujet. Non, je m'énerve pas, je m'explique ^^). 

 

Bref. "On" m'encourage. Les copains, les amis, les auteurs rencontrés sur les salons.

Plusieurs structures (des medias web et radio) sont intéressées pour relayer le projet et même y participer d'une façon ou d'un autre (prêt de matériel et même de personnes ^^ : il y a souvent des journalistes fort intéressés pour venir faire un reportage audio !).


Reste que pour faire un beau bel ouvrage, à la hauteur du travail de ces femmes, quelque fond ne serait pas superflu. Aller par monts et par vaux dans la campagne bretonne, faire des reportages photos pendant que ces femmes produisent, transforment et/ou vendent, croquer et enregistrer pour ensuite écrire, euh, et bien cela demande du travail, qu'on se le dise. Que j'adore mais c'est du travail.

 

Re-bref. Il est prévu un financement participatif sur Ulule (l'avant-projet est validé). Oui, je me relance, direz-vous* !  Ce sera cet été, fort probablement ou à la rentrée. D'ici là, si le projet vous intéresse (et que vous vous dites même : "je le réserverai bien !"), si vous connaissez une ou des femmes agricultrices, n'hésitez pas à me contacter directement par mail. Un grand merci.

 

Johanne

 

* allusion à mon expérience (mitigée) passée


pourquoi ce livre consacré à l'agriculture et aux femmes qui la font ?

intro du dossier du projet du livre

Etre paysanne ? agricultrice ? cheffe d’exploitation ? Les raisons et les motivations pour choisir un métier dans l’agriculture sont variées : par conscience et envie d’agir dans le concret, par goût, comme une évidence, par amour, d'un homme, d'une femme, de la nature, des animaux.

Peu importe. Ce qui est sûr, c’est que vivre l’agriculture au quotidien est un choix exigeant.

Après avoir grandi dans une de ces grosses exploitations porcines, à l’abri d’un clan, de mes oncles, d’un oncle figure de prou de « la profession » comme il se dit, j’ai choisi de devenir paysanne.


Un long cheminement intellectuel – non, je ne suis pas née dans la marmite du bio - et puis 10 ans d’un quotidien entre champs et fournil. 10 ans d’un quotidien, fait de dévouement, de travail, de nez à regarder le ciel, de crapahutages à hauteur de bestioles, et de tant d’autres choses, aussi.
Ce sont là des métiers exigeants, élémentaires, essentiels, et cela est vrai, je le crois, pour toutes les productions et toutes les filières, bio ou conventionnelles.

 

Depuis toujours, je dois avouer, et plus encore en tant qu’agricultrice, rien ne m’agaçait plus que d’entendre ces phrases toutes faites. ‘Ah oui, moi, l’agriculture, je connais : mon grand-père était paysan [...]. J’allais l’été... ‘ et de vous raconter quelques souvenirs de récoltes de pommes de terre ou de betteraves. Est-ce cela que connaître l’agriculture ?
Et puis, disons-le, s’il est une chose qui m’a souvent interpellée (restons polie), c’est l’espèce de condescendance dont font l’objet encore ces métiers. Annoncer à la famille et aux amis que l’on abandonne un ‘bon’ poste, une carrière plus classique, cela (a) fait s’écarquiller bien des yeux.
Cela a même fait s’en détourner quelques uns.


Bref.

Et de s’installer, de monter sa ferme. Et de la faire vivre, de vivre... et de lire : des revues, des magazines, des BD, des journaux, des articles, ... Et de constater que s’il existe pléthore d’ouvrages sur le sujet de l’agriculture, les approches sont ou très techniques pour ne pas dire technicistes (sau, nombre d’animaux, surface, nombre d’UTH, GMQ, ...), purement historiques et factuelles (évolution du nombre de fermes, ...) ou pour d’autres, très - trop ? - angéliques.

De penser à une certaine presse que rapidement, je pourrai qualifier de parisienne. D’y lire des articles encensant des démarches marginales. Alors oui, bien sûr, tant mieux si on parle de ce que l’on mange. Mais faire une 4e de couv’ avec un beurre à 40 € le kilo, vendu au gramme, servi dans des cuillères en argent, qui ne permet pas à son producteur de tirer un revenu, pourquoi pas.

Mais une nouvelle fois, qu’est-ce que cela raconte de l’agriculture, celle des champs ?
Et puis, j’ai aussi découvert avec bonheur ces ouvrages, souvent dessinés, qui racontent une installation, souvent compliquée, ou une conversion, souvent source d’angoisses. Superbes regards (parfois croisés) qui suivent quelques semaines ou plusieurs mois une ferme. Portraits souvent sensibles faits par des ‘extérieurs’ au métier.


Reste que, me concernant, qui mieux que le professionnel peut raconter son métier ? Qui mieux que les paysannes pour raconter leur quotidien, leurs joies, leurs engagements, leurs vies ? C’est en effet à elles que je veux donner la parole. Pour des raisons diverses et variées, motivée par l’idée - je le dis dès ici - qu’il reste encore beaucoup à faire en matière d’égalité et de droits les concernant.

Johanne


rencontre avec Stéphanie, boulangère

Les textes issus de cette rencontre ne sont pas encore communiqués et ne le seront que partiellement avant la sortie du livre. Primeur réservée à mon comité de lecture. Merci à eux et merci à vous de votre compréhension ;-) !