paysâmes : des rencontres

paysâmes : quelques mots sur le livre, l'écriture

photo prise dans mon fournil alors que je façonne les pains (pain au levain naturel bien sûr)
moi dans ma vie de paysanne et de boulangère

 

Dans Paysâmes, j'ai envie d'émotion. Ne pas jouer dans le pathos, pas pour rire ou s'en foutre de tout. Juste pour raconter la vie, comme elle est - vue de chez moi, moi pauvre ou riche de mon histoire. En fait, il sera question d'humain. Dire la vie. Ses joies ou pas.

 

Des éléments contextuels seront aussi apportés pour tenter de faire comprendre les enjeux, ceux de la filière, de faire cerner les complexités du métier... [...]. Regard subjectif. Forcément. Je ne prétends pas être neutre, pour autant, je me garderai bien de juger. Bien, mal ? Tout est relatif. Interrogeons-nous cependant. C'est ma seule prétention et j'espère, par le livre, apporter un peu d'éléments d'agri-culture.

D'agri-culture, certes, (mais) en mettant en avant des femmes en réflexion sur leur métier, leurs pratiques, leur et notre place dans le monde, ... Bref, des femmes inspirantes. Pour qui l'être passe avant l'avoir, soyons clairs.

 

Ah, et précision : d'autres livres suivront. Sur ou avec des hommes, sans nul doute. Car s'il sera question de chiffon dans le livre, ce sera de celui qui sert à caresser.. euh, pardon, à nettoyer le pis des vaches. L'idée n'est pas de faire dans le genre mais de parler d'agriculture et d'humains. A bons entendeurs, je prends les contacts, femmes et hommes. 


avant-goût du livre à venir

rencontre avec Cécile, maraîchère

rencontre avec Stéphanie, boulangère


rencontre avec Enora, éleveuse

Quelques mots d'intro

 

Raconter une éleveuse qui a 3 porcs reproducteurs, expliquer comment elle nourrit 100 porcs qu'elle engraisse à l'année et comment elle produit 70 % de son aliment sur ses 40 ha de terre, soit.

Et ? Savoir qu'une ferme moyenne, c'est plutôt 200 truies et leur suite (à savoir quelques milliers de porcs produits par an), cela permet de mettre en perspective, de se demander peut être combien d'hectares sont/seraient nécessaires pour répondre aux exigences d'un "lien au sol" - autre notion qui sera explicitée, simplement (je crois savoir le faire).

Quant à l'humain-e, pour aussi ajouter à l'histoire, je vous raconterai (selon l'inspiration du moment, si l'envie est là, si c'est pertinent [...]) comment j'ai grandi dans une ferme devenue exploitation porcine, dans les années 70-80 - son cheptel comptait + 900 truies en 1996. Une ferme exemplaire par sa technicité. Et de vous narrer l'évolution de cette ferme, telle que vécue par la gamine puis l'ado que j'ai été. Des odeurs de paille aux odeurs ammoniaquées. De la joie d'étaler la paille, de voir les mises-bas aux inséminations artificielles et à l'incompréhension de ce système concentrationnaire - qui ne respecte ni l'animal ni l'homme - je le crois.

 (news de juin publiée sur la page du projet sur Ulule)

 

rencontre avec Cathy, boulangère

La terre et demain.

 

Cathy, elle m’a appris le pain il y a 13 ans. J’étais ronde comme les pâtons, enceinte de mon fils. J’apprenais le pain, à sa façon.

Oui, il y a autant de pains que de boulangères. Et que de boulangers. Et il y a sans doute autant de façons de faire que de femmes et d’hommes à pâtonner.

Avec Cathy, c’était simple. Pas de double pousse. Pas de double façonnage. Pas de scarification à l’enfournement. Une simplicité qui m’allait bien, que j’ai suivi toute ma carrière de boulangère, même si je signais mes pains. Une signature incompréhensible – surtout la cuisson passée ! -, symbolique. Un œil ouvert sur le monde ou, c’est selon, un soleil qui se lève derrière des tiges de blé.

Chez Cathy, dans les odeurs et la chaleur du fournil, les souvenirs affluent. Et nos échanges reviennent, reprennent.

Je lui dis le poids qu’ont eu ses mots et ses engagements. Comment ils m’ont marquée.

 

« La Terre de nous appartient pas ». Elle reprenait ces mots, en 2007 : ils étaient déjà connus, partagés.

2020. Dis-moi, ré-explique moi. Ca veut dire quoi ?

13 ans plus tard, de l’eau a coulé sous les ponts, le contexte a durci dans la profession, je le crois. Alors, quelle résonance, cette belle grande idée ?

 

« Non, la Terre ne nous appartient pas », sourit Cathy. Constance. Et elle explique en quoi, pour elle, la constitution d’un Groupement Foncier Agricole lui a permis de respecter (comment dire autrement ?) ce principe, cette idée, très concrètement.

Oui, nous ne sommes que de passage. En être ou en prendre conscience nous replace à notre place : celle de locataires (privilégiés ou pas) d’un vaisseau assez unique en son genre, un monde fini appelé à être légué à nos enfants, et puis à leurs enfants.

Certains l’oublient. S’en foutent même. Peu importe. Après moi le déluge ! Allons. Pensons à ces seigneurs qui se croient tout puissants sur LEURS terres. Oui, il est à regretter ces sAigneurs, qui détruisent ce qui fait leur richesse, par mimétisme, bêtise ou ignorance. C’est quoi le pire ? Je ne sais.  

 Oui, possible que certains réfléchiraient autrement si les terres n’étaient pas leur propriété. Cathy en avance l’idée. [...]

Aziliz, chevrière et pas que(eue)

Hier, jeudi 16 juillet 2020, j'étais partie en montagne. J'ai vu des chèvres, des fossés, des naines, des mottes, des marbrées, j'ai vu des chèvres et même le louuuuup (excusez, l'enthousiasme mêlé de ouuuh, je vous raconterai). J'ai rencontré Aziliz. J'ai crapahuté. On a crapahuté. J'ai fait ma première transhumance, mini-transhumance certes mais en Bretagne. Incongru ? Si, un peu. Rencontre avec un bout de femme brut de pomme. Passionnée. Ses chèvres ? Ses amies.

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