paysâmes : le financement participatif

 

Le projet d'édition a fait l'objet d'une campagne de financement participatif.

Elle s'est close en juillet 2020 mais le projet est toujours en ligne : https://fr.ulule.com/paysames/news/

 J'ai conservé cette page, notamment pour la traduction bretonne de l'intro, qui reste valable.

pourquoi le financement participatif ?

Pourquoi être passée par un financement participatif ?

Les motivations ont été simples : pragmatisme, efficience et liberté. Libre de laisser la place à l’imprévu. Libre du ton employé, de dire les choses qui se taisent, libre (de tenter) d’expliquer les méandres d’une vie en agriculture et de l’agriculture, tout court.

Et sans avoir de comptes à rendre à quiconque, ce qui n'est pas rien (un article en lien pour info).


Merci pour les soutiens

Plus de 5.000 € collectés campagne de financement participatif. Merci.

Pas mal pour un projet d’édition, paraît-il. Tant mieux. ‘Tant qu’il y aura des livres qui nuiront à l’ignorance’, comme il se dit.
L’argent récolté - et celui qui le sera encore, par les réservations - sera affecté aux frais d’édition (correction, infographie, impression).

 

Mise en musique

Au 103e ‘Pourquoi paysames ?’, j’ai voulu une réponse sur le ton de ce qu’il veut être, ce livre. Ecriture. Des mots jetés à ma façon. Des mots qui accepteraient d’être posés sur des notes ?
Philippe Pastor accepte et relève le défi de mettre en musique le texte. Et il pose sa voix d’homme sur des mots de femme.
Et comme pour parfaire le tout, cette collaboration a aussi mené à la vidéo.

 

Soutenir le projet

en commandant le livre

en invitant votre serviteuse lors d'événements : salon agricoles, foires, ...

en organisant un événement lors de la sortie : dédicace, échange, ...

 

pour toute demande, idée, ... : oplurielle@johannegicquel.com


intro de la campagne

2020. 2.0. Epoque hyperconnectée. Epoque déconnectée, de plus en plus, aussi, de la nature, des réalités du temps - qu’il fait, qui passe -.
Une époque éloignée de son agriculture, de celles et de ceux qui la font.
Alors, allons à la rencontre de femmes qui ont épousé la Terre -pour le meilleur et pour le faire.
Ces femmes, je les connais : j’en ai été. Je reviens vers elles avec mon barda de photographe-reporterre. Je viens les voir pour les raconter.
Rendez-vous est donné : au bord du champ, dans la chaleur du fournil. Discussion. Simplicité. Echange. Dis-moi ton métier. Dis-moi l’agriculture d’aujourd’hui. Dis-moi toi.
Le livre ? Ce seront des portraits, des photographies, du noir et du blanc, et des mots conjugués au ‘je’.
Ce ne sera ni une bible technique ni un guide de ce qu’il conviendrait de faire. Il se veut être un regard libre, pour expliquer la vie de ces terriennes-là, leurs engagements. J’ai envie de raconter, sans mièvrerie, sans fard, sans chercher à plaire.
Envie, besoin de raconter pour que bougent les choses. Pour que l’agriculture ‘qualitative’ que l’on dit vouloir voir émerger émerge. Et cela ne ce fera pas sans elles.  
J’espère, grâce à Paysâmes, contribuer à montrer un autre visage de l’agriculture bretonne. Féminin, innovant. J’espère aussi contribuer aussi à la (re-)connaissance de toutes celles qui s’engagent dans des voies exigeantes.
Alors, si vous pensez utile ce projet, vous pouvez (toujours) le soutenir. Merci.

Johanne

Paysâmes : sell ur vouez war mouezed o deus en um liammet d’an Douar, evit ar gwellañ hag evit an ober
2020. 2. 0. Pellaet n’eus mabden a-zoc’h an Douar, a-zoc’h ar labour-douar, a-zoc’h ar labourizion-douar ; el-se ema. Neuze, damp d’en um gaved ged merc’hed hag o deus en um zimezet get an douar. Ar mouezed-se ? gouiet a ran piv int ; unan anezhe on bet ! Hiriv, e tan en-dro devate get ma sac’had a « boltretourez-kelaouerez »,  get ar pal « kontañ a-ziar o fenn ». Ar levr ? 10 poltred anezhe ; poltredoù dre skeudenn ha dre skrid, e gwenn ha du. Ar merc’hed-se o deus choejet da labourad e Breizh. Ar levr-man ? ne vo ket nag ur bibl teknikel, nag ur levr-hentañ a-zivoud ar pezh a vehe dereat gober ; deskañ a ra an douar an uvelded. Ar levr-man ? peogwir eo rekiz gober ha gober c’hoazh abenn ma vaint anavezet, ha peogwir o deus ur bochad traoù da zeskañ deomp.
Emichañs diskoeiñ, dre ar levr « Paysâmes », un tu arall ag ar labour-douar e Breizh, doare ar mouezed, c’hoant gete moned war-raok.


Merci à Andréa Le Gal pour la traduction

 Merci à Andréa Le Gal pour la traduction et pour l'interview à Radio Bro Gwened


le point sur le projet - janvier 2021

photo noir et blanc recolte champ femmes paysanne paysames - Johanne Gicquel artiste auteure nature bretagne
photo noir et blanc femme paysanne vache paysames - Johanne Gicquel artiste auteure nature bretagne
Lauriane. retour du troupeau

extrait d'une newsletter envoyée aux souscripteurs.trices via la plat-forme Ulule

 

[...] Paysâmes, ce seront 11 portraits de femmes (10 prévus). Il y a tant de visages, tant de filières, tant de savoir-faire. Le compte aura été dépassé parce que sur certaines fermes, ce sont des duos qui oeuvrent.

 

 

Plourha. Françoise et Maïwenn, la mère et la fille. Françoise, 40 ans de carrière derrière elle. Etudiante, elle décide de revenir à la terre. Elle épouse Laurent, lui aussi est fils de paysan – sa mère est une militante, syndicaliste, féministe. Le jeune couple se lance dans le kiwi. C’est osé : en 1980, personne ne connaît, les débouchés sont compliqués : « on ne savait pas faire ». Et le gel s’en mêle : les 2 ha de plantation sont anéantis. Le couple repart, se lance dans la tomate, « de pleine terre ! », précise Françoise - ce sera leur chance.

 

Le couple fournit la coopérative du coin. « C’était violent », confie Françoise : légumes refusés, eux pas payés. Le couple s’insurge - mais on ne divorce pas, en agriculture. En 96, las, Françoise et Laurent ne tergiverse plus : ce sera en bio ou rien. Ce sera le début d’un long bras de fer. Après avoir participé à la création d’une coopérative bio, le couple passe finalement en vente directe. Il s’en félicite, à l’heure où Maïwenn, l’ainée, a décidé de rejoindre la ferme. La jeune femme est consciente de sa chance, la ferme tourne. Mais se pose, pour elle, la question d’y trouver sa place et de l’ouvrir à d’autres.

 

 

Ploerdut. Audrey et Lauriane viennent, elles, de reprendre un élevage de laitières. 40 bêtes et l’ « ambition » de passer à 30. Détonnant dans une Bretagne où la tendance est à la concentration des fermes (cf. chiffre). Elles expliquent LA rencontre avec leur désormais prédécesseur qui les a menées à s’installer dans ce centre Morbihan. C’était un « ovni dans le milieu », qui avait décidé : mono-traite et système tout herbe. « La vache, c’est une barre de coup à l’avant, et un épandeur à l’arrière », rappelle Audrey. Les vaches font donc leur boulot ! Le système est performant – écologiquement et économiquement (chiffres à l’appui) –.

 

Alors, pourquoi n’est-t-il pas davantage connu, mis en œuvre dans les fermes ? Questions posées, légitimes, qui ramènent à ce qu’est l’agriculture d’aujourd’hui, à comment elle est enseignée et à celle qu’elle deviendra.