paysâmes : la financement participatif

 

Le projet d'édition a fait l'objet d'une campagne de financement participatif.

Elle s'est close en juillet 2020 mais le projet est toujours en ligne : https://fr.ulule.com/paysames/news/

 J'ai conservé cette page, notamment pour la traduction bretonne de l'intro, qui reste valable.

intro de la campagne (en français et en breton)

2020. 2.0. Epoque hyperconnectée. Epoque déconnectée, de plus en plus, aussi, de la nature, des réalités du temps - qu’il fait, qui passe -.
Une époque éloignée de son agriculture, de celles et de ceux qui la font.
Alors, allons à la rencontre de femmes qui ont épousé la Terre -pour le meilleur et pour le faire.
Ces femmes, je les connais : j’en ai été. Je reviens vers elles avec mon barda de photographe-reporterre. Je viens les voir pour les raconter.
Rendez-vous est donné : au bord du champ, dans la chaleur du fournil. Discussion. Simplicité. Echange. Dis-moi ton métier. Dis-moi l’agriculture d’aujourd’hui. Dis-moi toi.
Le livre ? Ce seront des portraits, des photographies, du noir et du blanc, et des mots conjugués au ‘je’.
Ce ne sera ni une bible technique ni un guide de ce qu’il conviendrait de faire. Il se veut être un regard libre, pour expliquer la vie de ces terriennes-là, leurs engagements. J’ai envie de raconter, sans mièvrerie, sans fard, sans chercher à plaire.
Envie, besoin de raconter pour que bougent les choses. Pour que l’agriculture ‘qualitative’ que l’on dit vouloir voir émerger émerge. Et cela ne ce fera pas sans elles.  
J’espère, grâce à Paysâmes, contribuer à montrer un autre visage de l’agriculture bretonne. Féminin, innovant. J’espère aussi contribuer aussi à la (re-)connaissance de toutes celles qui s’engagent dans des voies exigeantes.
Alors, si vous pensez utile ce projet, vous pouvez (toujours) le soutenir. Merci.

Johanne

Paysâmes : sell ur vouez war mouezed o deus en um liammet d’an Douar, evit ar gwellañ hag evit an ober
2020. 2. 0. Pellaet n’eus mabden a-zoc’h an Douar, a-zoc’h ar labour-douar, a-zoc’h ar labourizion-douar ; el-se ema. Neuze, damp d’en um gaved ged merc’hed hag o deus en um zimezet get an douar. Ar mouezed-se ? gouiet a ran piv int ; unan anezhe on bet ! Hiriv, e tan en-dro devate get ma sac’had a « boltretourez-kelaouerez »,  get ar pal « kontañ a-ziar o fenn ». Ar levr ? 10 poltred anezhe ; poltredoù dre skeudenn ha dre skrid, e gwenn ha du. Ar merc’hed-se o deus choejet da labourad e Breizh. Ar levr-man ? ne vo ket nag ur bibl teknikel, nag ur levr-hentañ a-zivoud ar pezh a vehe dereat gober ; deskañ a ra an douar an uvelded. Ar levr-man ? peogwir eo rekiz gober ha gober c’hoazh abenn ma vaint anavezet, ha peogwir o deus ur bochad traoù da zeskañ deomp.
Emichañs diskoeiñ, dre ar levr « Paysâmes », un tu arall ag ar labour-douar e Breizh, doare ar mouezed, c’hoant gete moned war-raok.


Merci à Andréa Le Gal pour la traduction

 Merci à Andréa Le Gal pour la traduction et pour l'interview à Radio Bro Gwened


genèse du projet Paysâmes

boulange paysanne agriculture bretagne @johannegicquel
au fournil, dans ma carrière antérieure

De mon histoire et de mon expérience

L'agriculture est complexe. Aimée, détestée. Sujet de mille controverses, et sûrement plus encore en Bretagne, 'terre d'élevage et grenier de la France'. Combien de fois n'ai-je envie de raconter l'agriculture, tant la méconnaissance est grande, les propos souvent pleins d'a priori, de "yakafo(vrai?)con". Le sang bout parfois - de moins en moins -, je m'assagis.

 

Après 10 ans de métier - paysanne-boulangère-maraîchère -, une fin d'activité qui libère la parole (aussi), j'ai décidé de faire enfin ce livre sur l'agriculture - 10 ans déjà qu'il était dans la tête. Forcément, le contenu tel qu'imaginé alors a évolué, changé.

Moins naïf - si tant est qu'il aurait pu être naïf. 

10 ans de vie et d'expérience : la vie est passée par là, avec ses satisfactions, ses galères, ses réussites et tout le toutim. 

Bref. J'ai eu envie de croiser le regard et le faire avec des femmes - celles qui ont fait le choix de la Terre, celles qui "pensent" leur métier, serais-je tentée d'écrire. Présomptueux ? Je ne crois pas.

J'ai eu envie de les raconter, elles, les dire en images et en mots -, et de fait, c'est une autre agriculture - féminine - qui se raconte en creux.

 

Précisons-le. J'ai grandi dans un (très très) gros élevage breton. Pas dans une quelconque marmite, ni bio ni durable ni alternative.

Il y a eu - oui ! - du cheminement intellectuel, des rencontres. Jeune "chargé de mission" (mon titre fourre-tout), j'ai accompagné des paysan.ne.s. J'ai rencontré des militants, souvent admirables par leur engagement. J'ai rencontré aussi beaucoup de discoureurs, des "disous", de ceux qui critiquent, conseillent - c'est selon. Certains ont l'humilité de le reconnaître. Quelques uns exhortent (espèrent ?) : "il faut des gens sur le terrain, des faisous". J'ai entendu et j'ai décidé de faire. 

 

10 ans les bottes dans la terre et les mains dans la pâte.

Ça ouvre les yeux - parfois rudement - sur les réalités des métiers, du contexte, des enjeux.

 

Tout ça, j'ai envie de le partager, imparfaitement mais légitimement.

Pour ce faire, j'ai décidé de m'appuyer sur mon travail (photo et écriture mêlées), me disant (oui !) être légitime aussi en tant que photographe et auteure.


paysâmes : le point sur le projet - janvier 2021

paysames @johannegicquel.com
Lauriane. retour du troupeau

 

[...] Paysâmes, ce seront 11 portraits de femmes (10 prévus). Il y a tant de visages, tant de filières, tant de savoir-faire. Le compte aura été dépassé parce que sur certaines fermes, ce sont des duos qui oeuvrent.

 

 

Plourha. Françoise et Maïwenn, la mère et la fille. Françoise, 40 ans de carrière derrière elle. Etudiante, elle décide de revenir à la terre. Elle épouse Laurent, lui aussi est fils de paysan – sa mère est une militante, syndicaliste, féministe. Le jeune couple se lance dans le kiwi. C’est osé : en 1980, personne ne connaît, les débouchés sont compliqués : « on ne savait pas faire ». Et le gel s’en mêle : les 2 ha de plantation sont anéantis. Le couple repart, se lance dans la tomate, « de pleine terre ! », précise Françoise - ce sera leur chance.

 

Le couple fournit la coopérative du coin. « C’était violent », confie Françoise : légumes refusés, eux pas payés. Le couple s’insurge - mais on ne divorce pas, en agriculture. En 96, las, Françoise et Laurent ne tergiverse plus : ce sera en bio ou rien. Ce sera le début d’un long bras de fer. Après avoir participé à la création d’une coopérative bio, le couple passe finalement en vente directe. Il s’en félicite, à l’heure où Maïwenn, l’ainée, a décidé de rejoindre la ferme. La jeune femme est consciente de sa chance, la ferme tourne. Mais se pose, pour elle, la question d’y trouver sa place et de l’ouvrir à d’autres.

 

 

Ploerdut. Audrey et Lauriane viennent, elles, de reprendre un élevage de laitières. 40 bêtes et l’ « ambition » de passer à 30. Détonnant dans une Bretagne où la tendance est à la concentration des fermes (cf. chiffre). Elles expliquent LA rencontre avec leur désormais prédécesseur qui les a menées à s’installer dans ce centre Morbihan. C’était un « ovni dans le milieu », qui avait décidé : mono-traite et système tout herbe. « La vache, c’est une barre de coup à l’avant, et un épandeur à l’arrière », rappelle Audrey. Les vaches font donc leur boulot ! Le système est performant – écologiquement et économiquement (chiffres à l’appui) –.

 

Alors, pourquoi n’est-t-il pas davantage connu, mis en œuvre dans les fermes ? Questions posées, légitimes, qui ramènent à ce qu’est l’agriculture d’aujourd’hui, à comment elle est enseignée et à celle qu’elle deviendra.

 


un projet d'édition déjà soutenu et à soutenir encore

Pourquoi être passée par un financement participatif ?

Les motivations ont été simples : pragmatisme, efficience et liberté. Libre de laisser la place à l’imprévu. Libre du ton employé, de dire les choses qui se taisent, libre (de tenter) d’expliquer les méandres d’une vie en agriculture et de l’agriculture, tout court.

Et sans avoir de comptes à rendre à quiconque, ce qui n'est pas rien (un article en lien pour info).


Merci pour les soutiens

Plus de 5.000 € collectés campagne de financement participatif. Merci.

Pas mal pour un projet d’édition, paraît-il. Tant mieux. ‘Tant qu’il y aura des livres qui nuiront à l’ignorance’, comme il se dit.
L’argent récolté - et celui qui le sera encore, par les réservations - sera affecté aux frais d’édition (correction, infographie, impression).

 

Mise en musique

Au 103e ‘Pourquoi paysames ?’, j’ai voulu une réponse sur le ton de ce qu’il veut être, ce livre. Ecriture. Des mots jetés à ma façon. Des mots qui accepteraient d’être posés sur des notes ?
Philippe Pastor accepte et relève le défi de mettre en musique le texte. Et il pose sa voix d’homme sur des mots de femme.
Et comme pour parfaire le tout, cette collaboration a aussi mené à la vidéo.

 

Soutenir le projet

en commandant le livre

en invitant votre serviteuse lors d'événements : salon agricoles, foires, ...

en organisant un événement lors de la sortie : dédicace, échange, ...

 

pour toute demande, idée, ... : oplurielle@johannegicquel.com