Cathy

Cathy fera l'objet d'un portrait dans un prochain Paysâmes, s'il en sort un second du moins. 

Cette femme ? elle m'a appris à faire du pain.

C'était en 2007. Ses propos m'avaient marqué. Son expérience aussi.

Voilà pourquoi en quelques mots dans les lignes ci-dessous.

 

La terre et demain.

 

Cathy, elle m’a appris le pain il y a 13 ans. J’étais ronde comme les pâtons, enceinte de mon fils. J’apprenais le pain, à sa façon.

Oui, il y a autant de pains que de boulangères. Et que de boulangers. Et il y a sans doute autant de façons de faire que de femmes et d’hommes à pâtonner.

Avec Cathy, c’était simple. Pas de double pousse. Pas de double façonnage. Pas de scarification à l’enfournement. Une simplicité qui m’allait bien, que j’ai suivi toute ma carrière de boulangère, même si je signais mes pains. Une signature incompréhensible – surtout la cuisson passée ! -, symbolique. Un œil ouvert sur le monde ou, c’est selon, un soleil qui se lève derrière des tiges de blé.

Chez Cathy, dans les odeurs et la chaleur du fournil, les souvenirs affluent. Et nos échanges reviennent, reprennent.

Je lui dis le poids qu’ont eu ses mots et ses engagements. Comment ils m’ont marquée.

 

« La Terre de nous appartient pas ». Elle reprenait ces mots, en 2007 : ils étaient déjà connus, partagés.

2020. Dis-moi, ré-explique moi. Ca veut dire quoi ?

13 ans plus tard, de l’eau a coulé sous les ponts, le contexte a durci dans la profession, je le crois. Alors, quelle résonance, cette belle grande idée ?

 

« Non, la Terre ne nous appartient pas », sourit Cathy. Constance. Et elle explique en quoi, pour elle, la constitution d’un Groupement Foncier Agricole lui a permis de respecter (comment dire autrement ?) ce principe, cette idée, très concrètement.

Oui, nous ne sommes que de passage. En être ou en prendre conscience nous replace à notre place : celle de locataires (privilégiés ou pas) d’un vaisseau assez unique en son genre, un monde fini appelé à être légué à nos enfants, et puis à leurs enfants.

Certains l’oublient. S’en foutent même. Peu importe. Après moi le déluge ! Allons. Pensons à ces seigneurs qui se croient tout puissants sur LEURS terres. Oui, il est à regretter ces sAigneurs, qui détruisent ce qui fait leur richesse, par mimétisme, bêtise ou ignorance. C’est quoi le pire ? Je ne sais.  

 Oui, possible que certains réfléchiraient autrement si les terres n’étaient pas leur propriété. Cathy en avance l’idée. [...]